Les pêcheurs péruviens ont remarqué depuis des siècles que, certaines années, au moment de Noël, les eaux de surface sont plus chaudes que la normale. Cette accumulation d'eaux chaudes perturbe considérablement leurs activités ; elle influe sur l'écosystème local, entraînant une raréfaction brutale des espèces marines. Mais catastrophes naturelles, sécheresses, inondations, ou encore cyclones tropicaux sont d'autres événements associées à ce phénomène baptisé El Niño (" l'enfant Jésus ").
Dans le Pacifique tropical, circulation océanique et circulation atmosphérique sont étroitement liées, chacune réagissant rapidement aux fluctuations de l'autre. Episodes chauds El Niño, épisodes normaux et épisodes froids La Niña se succèdent dans le Pacifique tropical. D'intensité variable, ces anomalies de température et de niveau de la mer entraînent des transferts d'énergie thermique considérables entre océan et atmosphère, et affectent le climat de toute la planète.
Depuis les années 1990, un système d'observation in situ a été mis en place dans le Pacifique et de nouveaux satellites performants scrutent en permanence l'ensemble des océans. En décembre 1993, les mesures du satellite Topex/Poséidon ont montré que l'altimétrie précise par satellite permet de reconnaître les caractères généraux d'un tel phénomène plusieurs mois à l'avance. El Niño 1997-1998 fut le premier événement suivi de très près. La longueur exceptionnelle des séries de données altimétriques depuis cette date a permis de suivre l'évolution climatique de l'Océan Pacifique.










